Joséphine Baker : Une étoile à Monaco

Joséphine Baker : Une étoile à Monaco

2 décembre 2021 2 Par Geoffroy B

En marge de la rencontre face à Strasbourg, l’AS Monaco a honoré la mémoire de Joséphine Baker qui sera la sixième femme à entrer au Panthéon. Cette artiste, tout à fait exceptionnelle, a un lien particulier avec la Principauté. 

Il serait bien présomptueux de résumé la vie de Joséphine Baker eu un seul petit article, déjà plusieurs livres sont consacrés à son histoire. Parce qu’il y a un lien avec la Principauté, et même l’AS Monaco, retour sur l’actualité et l’histoire avec un grand H d’une étoile filante des années folles.

Son pays, les Etats-Unis ?

Il ne s’agit pas de faire l’éloge de cette personnalité, comme chacun et chacune, elle a sa part d’ombre ; une vie d’artiste en somme. De son vrai nom, Freda Josephine McDonald, elle vit dans une extrême pauvreté et « travaille » dans les familles aisées du Missouri. Elle se marie à … 13 ans. A 16 ans, elle quitte son second mari pour vivre son rêve : percer à Broadway. Alors qu’elle commence à monter dans ce milieu, elle fait une rencontre qui changera définitivement sa vie : Caroline Dudley Reagan. Cette dernière lui propose de la suivre à Paris. L’occasion est trop belle, d’autant plus que la danseuse ne supporte plus le climat délétère dans son pays natal.

La « revue nègre » fait un carton. La France, et plus encore, est en pleine négrophilie. En Europe et même, dans le monde, c’est un véritable tourbillon. Chanteuse, meneuse de revue, actrice, actrice de rue, danseuse, musicienne, mannequin, la star a de nombreuses casquettes. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Militante de la première heure, profitant de sa popularité grandissante, elle sera même une actrice privilégiée de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. L’image d’une femme quasiment nue aux côtés d’un guépard est peut être celle que certains gardent en tête de sa carrière, pourtant, il y en d’autres tout aussi saisissantes. « I have a dream », cela vous parle ? Ce jour-là, la seule femme à avoir pris la parole fut Joséphine Baker, en tenue de l’armée française avec ses décorations.

Et la Principauté dans tout cela ?

Mais le conte de fée va se mettre en pause. Après un passage au château des Milandes, aujourd’hui musée que je vous conseille de visiter, une nouvelle séparation va sceller le sort, financier, de l’artiste. Malgré l’aide désintéressée de Brigitte Bardot, qui ne connaissait même pas Joséphine Baker, la star est ruinée et à la rue. Un comble pour une femme qui était connue pour sa générosité. Sans compter, qu’après des graves problèmes de santé l’empêchant d’enfanter, elle avait depuis adopté 12 bambins, de toute origine, qu’elle appelait sa « tribu arc-en-ciel ».

Alors qu’elle est devenue la première femme noire à entrer au Panthéon, son corps, lui, restera en Principauté. Pourquoi cet attachement ? Quelques dates… En 1951, avant même qu’elle soit Princesse, Grace Kelly rencontre Josephine Baker qui fit un scandale retentissant, à New York, dans un restaurant qui refusait de la servir à cause de sa couleur de peau. Après la vente forcée de son château, en 1969, Grace Kelly, qui est désormais Princesse de Monaco, lui « avance » les fonds pour acquérir une maison à Roquebrune-Cap-Martin. En 1975, pour fêter ses 50 ans de carrière, elle triomphe dans le spectacle « Joséphine à Bobino ». Le 9 avril, le rideau tombe, le matin du 10 avril, elle est victime d’une attaque cérébrale. Le 12 avril, elle quitte ce monde avec Grace Kelly à son chevet.

Deuxième femme à avoir l’honneur de funérailles nationales après Colette (qui aurait été son amante par ailleurs), Joséphine Baker était une femme de tous les combats. L’AS Monaco a accueilli, le 28 novembre dernier, une partie de sa famille, pour l’honorer avant cette entrée au Panthéon, et notamment Bastien (U7) et Anthony (U12), ses arrières petits-fils qui évoluent au club.

Source : asmonaco.com / Photo : Pixabay