Monaco : Y a-t-il (encore) un pilote dans le board

Monaco : Y a-t-il (encore) un pilote dans le board

14 mars 2022 54 Par Christopher T

Depuis le titre glané en 2017, l’AS Monaco n’est plus que l’ombre de lui-même. Hormis la saison post-titre où elle a su se hisser sur le podium, l’irrégularité de ces résultats soulèvent plusieurs questions sur la gestion du groupe et la structure interne du club.

Un cadre idyllique, et unique en son genre mais…

Monaco, son rocher, son cadre de vie et son club de foot unique au monde. Voilà un raccourci sur le club de la Principauté, souvent fait, pour définir l’ambiance spéciale qui y règne. L’AS Monaco est une institution qui attire, mais qui, de part son ADN, se doit de faire des choix en matière économique. En effet, régulièrement rallié pour sa maigre fréquentation, le stade Louis II ne permet pas au club d’avoir la rentabilité des autres clubs de Ligue 1, c’est pourquoi les dirigeants ont optés pour un rendement maximum avec l’achat et la vente de jeunes talents à prix d’or, tant que les entraîneurs (successifs) y parviennent. Cette stratégie a un revers, celui de l’instabilité et le manque de continuité dans le groupe professionnel, nuisant à ses résultats. De l’aveu même de certains anciens « jeunes » talents, après le succès de ce 8eme titre de champion, de la continuité leurs aurait peut-être permis de pourquoi pas aller chercher le rêve ultime de tout footballeur professionnel, la Coupe aux grandes oreilles, mais il n’en sera rien.

Une valse des entraineurs sur un rythme effréné

Après un parcours de rêve, l’ère L.JARDIM prend fin sur le rocher, s’en suit une panoplie de décisions hâtives, non réfléchies et des années perdues pour un club 8 fois champion de France. Henry, Jardim, Moreno, Kovac et maintenant Clement. Tout ce temps perdu n’est rien face aux plus de 30 millions d’euros dépensés en prime de licenciement. L’impact économique et sportif s’en font ressentir sur le terrain. Ces perpétuels changements n’ont pas fait grandir l’AS Monaco mais réussi à ce que petit à petit, la passion, la flamme, l’envie chez les joueurs et les supporters s’estompe.

Le changement c’est maintenant

A l’été 2020, on pensait que tout ce fiasco allait prendre fin avec l’arrivée d’un nouveau directeur sportif de « renom », du moins ayant prouvé sa valeur à l’étranger, en la personne de P. MITCHELL. Ambitieux, connaissant le foot, déterminé, le club lui laisse les pleins pouvoirs. Pour marquer son territoire il nomme le coach Kovac contre toute attente. En coulisse une grosse restructuration est en route, les anciens du Rocher partent, les indésirables sont chassés et Mitchell tisse sa toile et met en place ses hommes de confiance et son réseau. Il professionnalise les infrastructures peut-on lire. Après un démarrage poussif entrecoupé de la crise sanitaire, les hommes de Kovac réalise début 2021 un retour fracassant et parviennent à atteindre l’Europe. On pense alors le club de la Principauté sorti d’affaire et proche du renouveau. Le manque de continuité est entendu, et hormis les indésirables du vestiaire, l’équipe reste inchangée, des retouches sont apportées pour enrichir l’effectif. Cependant le ciel n’est pas si radieux qu’on veut le faire croire, en coulisse du mouvement et les langues se délient. Kovac trop sévère et strict, Mitchell qui fait un grand ménage d’homme fort du club qui lui résiste, mais tout ceci reste neutre tant que les résultats étaient obtenus.

Une fin de non retour

La saison 2022 devait marquée cet esprit de constance pour le club, tant réclamé, mais force est de constater que cela n’aura pas tenu. Le nouvel exercice est marqué très tôt par un nouvel échec, l’AS Monaco ne se qualifie pas pour la Champions League mais est repêchée en Europa League. Petit à petit les apparitions de Mitchell et Petrov se font rares, les résultats ne suivent pas et personne ne monte au créneau. Le retour du côté obscur, cela donne l’impression d’un club renfermé sur lui-même. Et comme un symbole, Mitchell éjecte Kovac à seulement quelques jours de la reprise de la trêve hivernale. Ce changement peu expliqué et soudain isole un peu plus la direction de ses supporters, des voix s’élèvent et les langues se délient sur la gestion interne de PM et les départs s’enchainent dans le plus grand silence. La nomination inattendue de P. Clément, débarqué du club de Bruges, ne résout à l’heure actuelle rien aux problèmes de l’AS Monaco. Éliminé aux portes de la finale de Coupe de France, au bord de l’élimination en Coupe d’Europe face à un adversaire pourtant à sa portée et dans le ventre mou au classement en championnat, le pari de PM n »est pas gagnant. Son départ (quasi acté) en fin de saison, associé à celui de Petrov, qui n’aura jamais réussi à s’adapter au monde du foot, sont demandés et souhaités. L’AS Monaco se retrouve de nouveau dans une impasse et va devoir encore se reconstruire et tout recommencer. Encore de mauvais choix, une trop grande délégation de pouvoir, une implication en dent de scie du président qui semble préparer son après, l’avenir ne semble pas radieux sous le soleil azuréen et on est en droit de se poser la question de savoir qui dirige et qui tient les rênes du club?

La lassitude des résultats et cette incapacité à redorer le blason de ce club historique, use et abîme le lien avec ses supporters. Un retour à des bases plus saines avec des anciens de la maison, pourraient être la clé afin d’encadrer, au mieux, les dirigeants russes qui peinent à remettre l’AS Monaco à sa place au sommet du football français dans un premier temps. Car dans cette suite d’évènements malheureux, les dirigeants ne sont pas les seuls coupables, les joueurs doivent aussi prendre et assumer leur part.  De l’authenticité, du caractère, de l’envie c’est tout ce qu’on demande. Mouillez le maillot. Daghe Munegu

Photo : Pascal Della Zuana – Icon Sport