Yvon Douis, une nouvelle légende s’éteint

Yvon Douis, une nouvelle légende s’éteint

1 février 2021 8 Par Geoffroy B

Inexorablement, le temps passe. Jour après jour, année après année, l’AS Monaco et le football français perd ses légendes. Supporters de longue date ou tout simplement historiens dans l’âme, ce nom vous dit forcément quelque chose. Yvon Douis s’est éteint la semaine dernière à l’âge de 85 ans.

Ligue 1, mon amour

Originaire de l’Eure, il entame logiquement sa carrière à Evreux, en DH, avant d’entamer une carrière professionnelle à Lille. L’inter connait ainsi les heures de gloire de l’équipe nordiste et obtient des statistiques très proches de ce qu’il allait connaitre en Principauté (187 matchs, 73 buts, un championnat et une Coupe de France entre 1953 et 1959). Il poursuit sa belle carrière au Havre (1959-1961) avant de débarquer sur le Rocher (1961-1967). Raymond Kaelbel fait le chemin inverse en rejoignant les Havrais.

Avec un peu moins de 200 matchs au compteur sur le Rocher, le natif des Andelys a inscrit la bagatelle de 74 buts mais surtout il est de la partie pour l’unique doublé du club Coupe/Championnat en 1963. Titulaire, au milieu de terrain, cinq saisons consécutives, il avait Hidalgo et Théo à ses côtés toutes ces années-là.

En plus du doublé, il restera dans l’histoire des Rouge & Blanc pour avoir débuté l’histoire européenne du club.

Monaco, la consécration

Malheureusement, pour leur première participation en C1 en 1961, Monaco affronte les Glasgow Rangers, équipe majeure de l’époque, aux tours préliminaires : « A l’aller, à Monaco, un violent orage avait gorgé d’eau la pelouse, ce qui correspondait aux conditions de jeu habituelles des Ecossais. Au retour, j’ai été blessé en début de deuxième mi-temps alors que nous menions 1-0 : rupture d’un ménisque. Dans ma carrière, j’ai toujours été plus ou moins tracassé par un genou. Comme les remplacements n’étaient pas autorisés à cette époque, mes coéquipiers ont terminé à dix, ce qui ne les a pas empêchés de réaliser un grand match, surtout Yvan (NDRL : le gardien), qui a été magistral ce soir-là. »

Pas davantage de chance, pour sa deuxième participation en 1963, l’ASM affrontait l’Inter de Milan, futur vainqueur de la compétition, dès le deuxième tour : « Dommage qu’on est jouté ce match à Marseille. On aurait préféré Monaco, ou Nice à la rigueur. Dommage aussi que Michel Hidalgo, qui avait une fissure du péroné, ait obtenu le feu vert d’un kiné spécialement requis pour l’occasion. Au bout d’une minute, il n’était plus opérationnel. »

Yvon Douis finira sa carrière sportive, non loin du Rocher, à Cannes (1967-1969).

La glorieuse équipe de France

Aucun titre au compteur mais pourtant, ces années-là, la France n’a jamais été bien loin. Avec les légendaires Raymond Kopa et Just Fontaine, les Tricolores étaient irrésistibles avant une période terriblement noire. Fontaine reste le recordman du nombre de buts inscrits en une Coupe du Monde. Avec 13 réalisations en 6 matchs), il le restera, peut-être, pour l’éternité.

Avec cette brillante équipe, Douis joue un football d’un autre temps ; celui où une blessure voulait dire abandonner ses coéquipiers en infériorité numérique. Avec 20 sélections au compteur, il termine 3ème lors de la Coupe du Monde 1958 et 4ème du premier Euro de l’histoire en 1960. Il remporte même la Coupe du Monde militaire en 1957. D’ailleurs, l’AS Monaco comptera en ses rangs jusqu’à cinq joueurs de cette équipe de France victorieuse (Cossou, Theo, Alberto, Nowak et donc Douis) !

Une minute de silence, à sa mémoire, devrait avoir lieu lors du derby de la Côté d’Azur. Daghe Yvon

Source : Propos recueillis dans L’encyclopédie de l’AS Monaco par Norbert et Julien Siri

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