Valère Germain, l’antistar

30 juin 2017 0 Par Sébastien

Valère Germain

Valère, fils de Bruno, a décidé de suivre les traces de son père et de revenir sur sa terre natale, Marseille. Si ceci peut ne pas choquer, voir être totalement logique, il faut en revanche se poser quelques minutes sur son passé pour essayer d’en comprendre son futur… petit tour d’horizon.

Germain, deuxième du nom

L’information est donc officielle depuis le 26 juin, Valère Germain est une nouvelle recrue de l’Olympique de Marseille. Suivant les traces de son père, Bruno Germain, qui aura joué 160 matchs pour le club phocéen, le fils aura à cœur de battre le nombre de buts du paternel (13 réalisations), ce qui ne devrait pas trop lui poser de soucis. La question que beaucoup se posent en revanche est la suivante : pourquoi partir chez l’ennemi de Monaco, après être revenu de Nice ? Pourquoi ne pas tenter une expérience à l’étranger ?

Germain, l’antistar du foot

Si vous posez la question à quelqu’un qui regarde le foot de temps en temps, le nom de Valère Germain ne lui dira absolument rien. Il a beau être champion de France, avoir marqué 4 buts en Champion’s League et plus d’une douzaine durant les compétitions françaises, le garçon ne dit rien à personne. Si les clichés monégasques et footballistiques mettent en avant des coupes extravagantes, des tatouages à ne plus savoir où les mettre ou des phrases à la syntaxe difficile, Valère n’est pas de ce cru. En plus de ceci, il est un point d’appui et un exemple pour ses entraîneurs car il est très facile à manager. Il assume toujours, surtout quand la défaite est difficile. Cependant, à ne pas vouloir se démarquer autrement que sur le terrain, il reste inconnu du grand public. Cela peut répondre à la question précédente : « Pourquoi ne part-il pas à l’étranger ? » Tout simplement parce que les anglais ne connaissaient pas Hugo Lloris à son arrivée à Londres ou que le supporter français moyen ne connait pas des pépites de Série A comme Belotti (Torino) ou Laxalt (Genoa).

Trahison ou opportunité ?

Si le choix du cœur paraît difficilement contestable pour le joueur, il peut être plus dur à avaler pour les supporters. En effet, à son départ chez l’ennemi voisin niçois, il a pu dire des phrases difficilement acceptables faisant comprendre que le club ne lui avait pas forcément donné sa chance.

Son départ à Marseille est conjugué à de futurs arrivées, et il devrait être la figure de proue du Champion’s Project à la marseillaise, devant remplacer Bafétimbi Gomis et ses 21 buts en championnat. Ce choix est fait pour rester proche de sa famille (comme l’était Nice), et parce qu’il préfère jouer titulaire dans un club clairement moins fort que d’être un joker de luxe invisible sur un rocher pourtant souvent mis en avant cette saison. Qui peut penser qu’il a joué 60 matchs cette saison alors que l’on a vu la renaissance de Falcao ? Qui peut dire qu’il fut demi-finaliste de Champion’s League, soit mieux que Cavani et le PSG, alors que le talent, l’envie et la soif de vaincre de Kylian M’Bappé a explosé comme un feu d’artifice dans nos stades, nos bars et nos TVs ? Pour toutes ces raisons, Germain a pensé qu’il devait se relancer.

A 27 ans, il ne connaîtra que son 3ème club professionnel. Peut-on donc blâmer un joueur qui sera resté pour faire remonter le club en Ligue 1 et lui faire gagner son premier championnat depuis 2000 ? Connaissant la culture footballistique en France, je ne peux répondre négativement…

Ciao l’artiste.