ASM-FCL : Silence, coulons !

ASM-FCL : Silence, coulons !

17 janvier 2026 22 Par Olivier N

Il n’est désormais plus possible à ce stade pour votre serviteur, d’écrire la moindre ligne crédible à l’issue d’un match pareil qui consisterait à discerner ceux qui réussissent de ceux qui échouent. Humiliés, une fois encore, par un promu de L2, les asémistes se sont, hier soir, vautrés dans la honte. Les lorientais n’ont clairement pas eu à forcer ni à craindre quoique ce soit de nous. Menant logiquement au score (68′, Dieng), après une première mi-temps qui aurait dû les voir déjà devant, les merlus n’ont rien craint de notre heureuse égalisation (76′, Fati) pour s’en aller sereinement nous étriller en toute fin de rencontre (85′ Makengo, 87′ Dermane).

Authentique faillite frauduleuse que cette parodie de match de foot où tout ce qui ne va plus depuis des mois nous agacerait jusqu’au malaise. Une charnière centrale inédite et abyssale de nullité. Cinq seules petites minutes de tableau respecté (les premières), puis, comme toujours, le rythme se tasse, le fil se perd ; Monaco a déjà disparu. Des lignes qui se distendent à l’effet d’un pressing qu’on ne maîtrise plus. Le jeu se perd en latéralité infertile finissant irrémédiablement par un axe contracté, une création et une initiative absentes qui, sans surprises, occasionnent des pertes.

Nos adversaires déroulent un jeu d’une fascinante facilité ; les ailes se propagent, leurs milieux ont du temps…. une deux trois passes et le danger est imminent. Nos absents viendraient-ils expliquer nos malheurs ? Songez seulement que Lorient était, entre autres, privé d’Avom, de Tosin, Yongwa et Sambou Soumano, soit leurs meilleurs.

Ce match hier était le premier de la seconde partie de notre championnat. L’ASM, avec un match en plus à cette heure d’écriture, pointe à 7 points de la 6ème place, 9 du podium et serait à 20 points du leader si Lens venait à gagner à domicile face à Auxerre. On ne parle pas du PSG et de ses moyens démesurés que l’on viendrait opposer en excuse à notre incapacité endémique à pouvoir se frotter à si fort. On parle du RC Lens, de Malang Sarr, Mathieu Udol, Adrien Thomasson…. de joueurs qui techniquement sont à tout le moins égaux aux nôtres si ce n’est inférieurs.

Triste aussi de constater que de ne pas jouer l’Europe devient une force majeure en L1, toujours aussi triste de se rappeler que cette saison les asémistes ont vaincu le PSG, Galatasaray, dominé Tottenham sans partage et accroché un nul face à Man City. Notre faillite n’en n’est, à ce seul titre, que plus grande.

Infirmerie complète, après Minamino, c’est M.Salisu qui mettra un terme à sa saison…. ligaments croisés. Le genou de notre gardien semble composé à 99% de plastique bon marché. Les ischios de Mawissa dansent la Macarena. Des suspendus en pagaille et la CAN pour sublimer tout ça. Des solutions ?  Des petits, tous petits noms circulent. Wout Faes, distant des pelouses depuis novembre dernier, arrive en seul renfort et immédiatement titularisé. Le résultat vous surprend-t-il ? 

Dès la blessure du japonais le message de la direction a instantanément douché ce qui pouvait nous rester d’ambition. En déclarant d’emblée qu’aucune recrue ne lui serait substitué, le message est clair ; aucune dépense ne doit venir grever une balance commerciale ultra-bénéficiaire. A l’image de la politique cataclysmique de recrutement cet été confiée à un homme qui cristallise désormais les critiques les plus vives ; Thiago Scuro. Ne nous y trompons toutefois pas, cet homme n’est pas libre du portefeuille et obéi à une logique économique claire. La L1 s’affaisse, le club est en vente, la valorisation passe par des bénéfices en vente de joueurs et un recrutement « malin ». Gros contrats oui mais pas d’indemnités aux clubs. Le brésilien avait beaucoup d’autres choix, il en fit trois : Pogba, Dier, Fati. Le premier a disparu et ne jouera probablement jamais un match entier avec l’ASM voire plus une seule minute. Le second est en pré-retraite azuréenne (un classique). Le troisième a tous les atours du vilain petit branleur ; suffisant, melonisé à s’en faire claquer le citron pour qui Monaco est une escale dans une carrière de tiroir-caisse. 

Le mercato hivernal semble déjà terminé à l’ASM et Pocognoli va devoir s’y résoudre. Lui que l’on pourrait encore épargner des critiques les plus vives. Lui qui a débarqué dans une foire et demeure tributaire d’un groupe qu’il n’a pas préparé a toutefois déjà renoncé à ses principes directeurs. Défense à 4, double pointe catastrophique… le technicien belge n’est-il pas déjà vaincu par la pression pour tant renier les préceptes qui l’ont fait réussir ? Son poste semble très instable et une défaite au Havre pourrait déjà le sceller.

Rassurons-nous, les points glanés en début de saison devrait nous permettre de rejouer en L1 la saison prochaine. Car il semble que le reste n’importe déjà plus. Le club lâché pour l’Europe semble avoir renoncé à tout objectif digne. Les plus retors pourraient même penser qu’il est préférable de ne pas faire 4,5,6. Mais, en définitive, de faire 13, de ne rien jouer d’Européen la saison prochaine et d’enfin permettre un passage de main à un nouvel acquéreur pour clore la page russe, globalement glorieuse, mais qui se doit d’être close.

En attendant silence… Coulons ! 

Photo by Sylvain Thomas/FEP/Icon Sport