RCL-ASM : les tops, les flops

RCL-ASM : les tops, les flops

22 février 2026 52 Par Olivier N

Avant que ne commencent les débats en terre lensoise tous les vents hostiles soufflaient contre nous. Un leader dispensé d’Europe, demeurant sur 10 victoires d’affilée à Bollaert affrontait une diagonale décimée dans une enceinte chauffée à blanc. Outre la liste de cadres aux blessures longues, s’ajoutaient les absences de tout ce que cette équipe peut compter de créatifs (Akliouche, Golovin) et la fatigue d’une rencontre décisive en L1 intercalée entre la double confrontation du PSG en LDC. Imaginez encore que les rouge et blanc, alors que nous approchions de l’heure de jeu hier, se voyaient froidement menés 2-0, dans cette même enceinte face à ce même foutu leader, face à cette même foutue équipe qui ne se lasse plus, saison après saison, de nous traumatiser. Existait-il un monde dans lequel, à ce moment là, notre souffrance puisse être moins grande… ?

Mais enfin les astres revenaient à la raison pour ensemble s’aligner. Il fallut 10 minutes combinant notre abnégation (jamais perdue) et les trous lensois pour magnifiquement renverser la vapeur (Balogun 62′, Zararia 70′, Fati 72′). L’ASM s’impose 3-2 et ravive des connections avec le haut de tableau que l’on croyait perdues à jamais. Croire que ce sont les lensois qui nous ont offert ce match comme ils se tuaient, de concert, à le dire serait une lourde erreur d’appréciation. A bien y regarder, à faire sincèrement la synthèse de la rencontre, les monégasques ont clairement dominé les deux périodes de jeu. L’ultra-réalisme d’un leader en pleine bourre aura fini par connaître une fin, celle permise par nos monégasques appliquant des principes de jeu intenses, défendant en avançant, solidaires à la perte et combinant à propos pour vaincre le signe indien et remplir enfin nos yeux d’espoir. On relève les copies !

Les Tops

S.Pocognoli

Cette belle victoire est avant tout la sienne. Celle d’un coach qui aura compris qu’il ne lui fallait jamais renoncer aux principes qui l’ont sacré en Belgique. Peu importe toujours le dispositif dès lors que les paradigmes s’appliquent. La base est toujours défensive, le pressing s’impose intensément, collectivement, sur des petites zones de jeu si nos lignes sont proches, et elles le furent ! Alterner les couvertures, projeter les pistons et piquer, même menés 2-0, à la moindre perte pour aller dans son jardin : la transition offensive. Hier avec des soldats bien plus que des solistes, ses principes ont trouvé justice et honorent sa réputation de « tueur de gros » acquise à l’USG sur le sol européen.

D.Zakaria

Encore une fois, et sans conteste, le meilleur monégasque de la rencontre ! Retour dans l’axe défensif pour le suisse, 3-5-2, lignes serrées, un positionnement qu’il appréhende particulièrement bien pour parcimonieusement se projeter. Impérial dans sa surface, il applique un droit de préemption dans le jeu aérien, essentiel particulièrement dans les dernières minutes du match pour préserver une victoire majuscule. Il décroche dans les 35 adverses pour pousser Edouard à la faute à la 62′ qui amènera la réduction du score. Divin dans la surface lensoise, il s’en vient fracasser la cage d’une tête massive sur un spécial Caio et égalise (2-2, 70′). Le reste n’est que maîtrise et lumière !

F.Balogun

Certes il est, et sera, toujours question d’interroger les facultés de finisseur de l’américain butant sur Risser à la 21′ à bout portant et, pourtant démarqué, manquant une tête à 5m des cages quelques minutes plus tard. Mais quelle incroyable activité néanmoins ! Physiquement impressionnant, F.Balogun avale sans relâche les espaces à l’appel, fixe avec intelligence deux adversaires, résiste particulièrement bien aux chocs dans son dos et montre une capacité, exclusive dans notre effectif, à partir de très loin pour un 9. Une opiniâtreté qui paiera, à la 62′, servi par Coulibaly sur une perte d’Edouard, l’américain, au 20m, fixe deux joueurs s’excentre légèrement à droite et trompe Risser d’une frappe sèche (2-1). Il est encore en action, au pressing, à la 72′, pour pousser Ganiou et Celik à la faute et Fati au but pour nous plonger dans l’extase (3-2). Essentiel mais malheureusement sans substitut valable, la différence technique est abyssale avec son suppléant danois. Pourra-t-il, tenir à ce rythme ?

M.Coulibaly

Quelle partie livrée par notre jeune produit de l’Academy ! Quel plaisir de voir encore charriés de nos bases formatrices des talents aussi prometteurs !  En l’absence de milieux offensifs pouvant se muer en troisième point d’appui axial (Golovin, Akliouche), ce fut à Coulibaly de se livrer à un périlleux exercice de dépassement de fonction. Avec brio ! Avec Teze-Camara, puis Camara-Bamba, notre milieu a parfaitement complété les manques en investissant, le plus souvent à droite, les zones libérées, se projetant sans cesse, offrant des solutions majeures pour ses coéquipiers. Un enfer pour qui doit venir à la compensation sur lui, Coulibaly jaillit, propose, dispose, percute et se trouve toujours au repli. Forcément décisif ! A la passe, pour la réduction du score à la 62′ qui récompense statistiquement une somme d’efforts et de choix justes qui s’expriment bien au delà des chiffres.

Les Flops

S.Adingra

Un seul bel enchaînement pour l’ivoirien à la 42′ qui se retourne et enchaîne vite aux 18 d’une frappe pied gauche. Pour le reste nous sommes très loins de ses standards nantais. S.Adingra s’est très peu signalé lors du premier acte pour disparaître définitivement à l’entame du second. Grosses grosses carences physiques pour notre recrue estivale très loin de pouvoir enchaîner deux titularisations majeures en trois jours. Sa technique base de percussion demeure néanmoins un atout dans un effectif qui ne trouve aucun autre profil lui étant comparable. Mais il ne peut, pour le moment, pas dépasser 40 minutes de jeu à haute intensité. Problématique.

K.Diatta

Certes les journaux, sur 30 petites minutes de jeu, ne notent pas la prestation d’un joueur sorti prématurément. Ce qui, seule consolation puisque blessé (encore un !), lui évitera de manger un 3 voire 2 pour les plus coriaces. Totalement à travers de tout, au gré d’une seule entame analysable, notre champion d’Afrique était dépassé par le rythme du jeu, tant à la peine sur ses contrôles que ses interventions. 

P.Köhn

Ce plafond de verre que notre équipe ne parviendra pas à briser tant que ce portier sera le notre. Certes la reprise d’O.Edouard qui ouvre la marque ne semble pas parable, mais dès la 3′ le suisse est à la faute sur sa lecture de trajectoire et perd mécaniquement ses appuis sur ligne. Un pas en avant, puis en arrière, ce gardien multiplie les hésitations et se refusera, toute la seconde mi-temps, à sortir en l’air quand le jeu le commande, contraignant ses défenseurs à jouer en rupture. Ceux qui étaient au stade hier (dont votre serviteur) l’ont remarqué, il faut un gardien d’une autre dimension à l’ASM.     

Photo by Anthony Bibard/FEP/Icon Sport