ASM-PSG : les tops, les flops

ASM-PSG : les tops, les flops

18 février 2026 37 Par Olivier N

L’espace d’un instant l’on se serait cru ramenés en 2017, lorsque notre diagonale déployait son invincible armada à la conquête de l’Europe. Cette grande épopée européenne passant City et Dortmund au fil de l’épée, cette équipe au réalisme clinique, à la simplicité universelle du jeu simplement combiné… Hier soir, au Louis II, il y eut de cela face au champion d’Europe. Lecture parfaite du coach Poco qui décidément sait y faire face aux gros, ce sont des zones préalablement identifiées que nos joueurs s’en allaient pertinemment presser pour déclencher un jeu de transition, la vraie botte du technicien belge, celle de son USG. Un jeu de transition offensive parfait hier soir. Balogun à la 1ère, servi par un caviar de Golovin, Balogun à la 18′ lancé dans la profondeur par Akliouche… nous jouions la 27ème minute d’un barrage face au PSG et l’ASM menait 2-0, les parisiens avaient raté un penalty, Dembélé sortait sur blessure. 

Hélas, il fallait que les Dieux se mettent du côté des plus forts. L’infernal D.Doué, investi d’un désir de revanche né d’une seule contre performance, se muait en facteur X d’une équation insoluble. Trop tôt, beaucoup trop tôt les parisiens revinrent dans ce match, égalité à la pause (Doué 29′, Hakimi 41′, 2-2). Les vieux démons s’en venaient, en seconde période, nous mordiller les fesses. Le tsar à nouveau déchu nous contraignait dès la reprise (48′) à nous coltiner un super Paris en infériorité numérique. Doué encore scellait le sort du match (67′,2-3), face à des asémistes visiblement épuisés et préposés à la seule résistance défensive. Défaite, archi-cruelle, appuyée par un arbitrage nous ayant été nettement défavorable, encore des trous d’air, encore un match à finir à 10, pas de banc pour faire la différence, il faut aussi admettre que cette saison est celle d’une malchance qui, au delà de carences coupables, vient nous piquer quand nous ne méritons pas de l’être. 

Défaite 3-2 des monégasques face à une grande équipe, il reste malgré tout un espoir de parvenir, au Parc, à les faire douter. Et si, seulement si, le doute s’invite à leur table, alors la qualification demeure encore possible. Copies relevées!

Les Tops

F.Balogun

Parfaitement positionné par le coach hier soir, et toujours à l’aise dans ce registre de jeu d’appel en profondeur, l’américain a livré une grande partie hier soir. Menace permanente, relai parfait, point de fixation et d’appui, mise à disposition efficace, invariable quelque soit la zone de prise. Il est au bon endroit pour immédiatement conclure sur un délice de centre de Golovin (1′). Il prend la bonne zone d’appel à la 18′, profitant du non-alignement adverse pour pousser contre Marquinhos, se fait servir au 25 par Akliouche en profondeur et ajuste Safonov (2-0). Mais c’est bien toute sa première période qui demeure récital, tant notre attaquant a multiplié les registres de jeu. En seconde, privé de toute courroie de transmission dès la 48′, il va logiquement s’éteindre et se faire remplacer par Biereth. Mais quelle partie !

P.Köhn

Existait-il un monde où se gardien de but là pouvait sortir un pénalty en LDC ? Point faible majeur de l’effectif tout entier, le suisse s’est mué hier en rempart, détournant avec force  le pénalty de Vitinha (22′), nous pensions alors que rien ne pourrait nous arriver. Les critiques quant à son niveau de fond demeurent invariables, mais hier notre portier fut un portier, parfois pompier, jamais vraiment académique, mais au rendez-vous de sa meilleure performance de la saison.

Vanderson 

Partie qui est passée, comme souvent avec ce type de performance, sous les radars d’une presse quasi exclusivement fixée désormais sur les stats. Partie pourtant remarquable du brésilien hier, chargé de l’aile la plus dangereuse du PSG (la gauche) car s’y trouve l’infernal Nuno Mendes, ce qui forcément doit être pris en ligne de compte quand on analyse une performance. La sienne fut défensivement remarquable. Sans oublier cet apport offensif, particulièrement exigeant par le jeu que commande Poco. Dans ce registre aussi, exclusif à la première période, Vandi a brillé : appels et replis constants, projections, merveille de une deux avec Akliouche, décalages, centres… très très belle partie !

Golovin (le tsar)

Le génie de ce joueur réside, avant tout, dans son toucher de balle. N’avez vous pas admiré ce délicieux centre du gauche négligemment déposé au millimètre pour Balogun, alors que le russe participait aussi à la construction de ce but au départ de l’action ? Le second but est aussi de son fait à la source, payé de son pressing judicieux, il trouve Akliouche qui, sans délai aucun, trouvera Balogun. Sa première période est un véritable récital de propreté technique et d’efforts constants tant au repli qu’au pressing… intégralement dévoué au collectif.

Les Flops

Golovin (l’autre)

Mais le russe n’a pas fait qu’irradier notre Louis II d’un talent à l’épreuve de toutes les rudesses, il a aussi, et c’est une nouvelle fois, craqué pour disparaître du jeu. Expulsé deux matchs consécutifs en trois jours de temps. Existe-t-il un précédent dans l’histoire ? L’un de nos excellents rédacteurs (Clement P) a soumis son IA à la question et celle-ci n’a pas donné de nom, Golovin serait ainsi le premier à avoir réussi ce sinistre exploit (à vous chers lecteurs avisés d’infirmer une IA par vos encyclopédiques connaissances).

Une faute grossière, plus excusable que de sortir pour contestation certes, mais une lourde erreur toutefois qui nous pénalisera définitivement. Aucune autre ressource offensive n’est disponible sur le banc, Golovin n’ira pas à Bollaert samedi et non plus au Parc mercredi prochain. Passer de la lumière à l’ombre en un instant, il n’est décidément pas russe pour rien et les lecteurs de Dostoïevski le savent mieux que quiconque.

W.Faes

Son entame était pourtant parfaite, le belge se montrant vif et particulièrement proche de ses adversaires pour s’en venir trancher. Et puis le trou, encore un, Kehrer absent s’est Faes qui s’en charge, décidemment ! Notre défenseur à la 21′ perd seul le ballon plein axe defensif, Kvara le lui chipe, le repli défensif est initialement le bon mais une seconde erreur, celle d’un tacle précipité, amènera jaune et penalty. Même si Köhn s’en ira le stopper, W.Faes sortira clairement de son match, marquant bien trop de recul désormais sur le porteur. La trop grande distance le séparant de Doué à la 29′ offrira au jeune français une zone d’expression qui se révèlera funeste.

Jesus Gil Manzano (l’arbitre)

Jesus pour les uns et Judas pour les autres, l’arbitre de la rencontre, particulièrement décrié en Espagne a nettement pénalisé les monégasques par deux omissions sur autant de situations cruciales. A l’origine du premier but de Doué, Vanderson est retenu par le bras, certes s’en allant amplifier sa chute, mais la faute était claire, ouvertement sifflable et tout le verbiage paralogique de ce qui est « manifeste » ou non pour enclencher la VAR se montre toujours aussi inepte. Marquinhos fut également, en seconde mi-temps, nettement touché de la main en pleine surface, ce qui ne fera pas réagir l’espagnol, encore une fois dans un jargon pseudo-technique de « manifeste » « délibéré », « ballon qui vient à la main » « décollé du corps ou non » on se confond en explications pour ne pas assumer ce qui aurait dû être vu et parfaitement sifflé par un autre que lui.       

Photo by Emilian Baldow/Icon Sport